AccueilEconomieLa Ciotat : la villa Michel Simon, future maison du Parc national des Calanques

La Ciotat : la villa Michel Simon, future maison du Parc national des Calanques

A La Ciotat, les travaux de la première maison du Parc national des Calanques ont été lancés ce 29 juin. Ce projet réhabilitera la bastide Michel Simon en un lieu d'accueil et de sensibilisation du public à la biodiversité.
Les travaux de la future maison du Parc national des Calanques devraient s'étaler jusqu'en juillet 2024.
Jean-Pierre Enaut - Les travaux de la future maison du Parc national des Calanques devraient s'étaler jusqu'en juillet 2024.

Economie Publié le ,

Le comédien Michel Simon, fameux interprète de "La Beauté du diable" de René Clair, était avant-gardiste. «Ce monstre sacré du 7e Art vouait une véritable passion à la protection de la nature», rappelle Jean-Louis Tixier, adjoint au maire de La Ciotat, délégué à l'éducation et au cinéma.

La bastide du XVIIIe siècle qu'il avait acquis en 1946, sur les hauteurs de la ville, fut sa propriété jusqu'en 1975. L'acteur avait découvert la ville en rendant visite à un ami et avait choisi de s'y installer en achetant cette bâtisse. En 1958, il rénove et agrandit le mas original qui fait l'objet, au fil du temps, de plusieurs extensions. Il s'éteint en 1975 et ses deux filles héritent de la propriété et la cèdent alors en 1991 à la Ville de la Ciotat. Pendant près de trente ans, la Ville cherche une destination à cette bastide. « Ce fut notamment une annexe de la Fémis, puis du cours Florent ou encore une résidence de scénaristes mais nous nous sommes toujours heurtés à l'aspect financier », explique Jean-Louis Tixier. En 2012, cette maison obtient le label "Maison des illustres" et ce n'est qu'en 2020 qu'elle suscite un vif intérêt du Parc national des Calanques qui décide d'en faire la première maison du Parc. « Nous allons construire ensemble cette première maison chargée d'histoire sur un site exceptionnel riche d'un patrimoine environnemental dans lequel nous développerons pour la première fois l'accueil et la sensibilisation sur la question de la biodiversité», a expliqué Gaëlle Berthaud, directrice du Parc national des Calanques.

A l'orée du Parc national des Calanques

Dans la ville du cinéma et des Frères Lumière, la rénovation de cette bastide constitue un réel événement. « Cette pose de première pierre est un moment fort en symbole car ce mas représente le témoin d'un riche passé », a affirmé Alexandre Doriol, premier magistrat de la Ville. Son ambition est de faire de ce lieu un véritable emblème.

« Nous souhaitons que cette entrée du Parc soit la pierre angulaire de notre action en faveur de la protection de l'environnement. »

Puis Didier Réault, président du conseil d'administration du Parc national des Calanques, a rappelé la genèse : « C'est un vrai travail qui a été mené pour participer à la création du parc. Chaque commune doit progresser sur la route du Parc ». Aussi, cette bastide, située sur un terrain de 3 hectares, au sein d'un espace naturel sensible et protégé, fût tout d'abord en 1999 la propriété de la Ville, puis cédée au Conservatoire du littoral avant de devenir la première maison du Parc. « C'est l'emplacement idéal pour accueillir le public et être un lieu de rassemblement des gardes », a-t-il stipulé.

Alexandre Doriol, maire de la Ciotat, Didier Réault, président du Parc national des Calanques et Gaëlle Berthaud, directrice du Parc national des Calanques. (Crédit : Jean-Pierre Enaut)

Un bail emphytéotique a ainsi été signé en 2020 pour une période de 99 ans entre la Ville et le Parc afin de transmettre au public les connaissances sur la biodiversité et perpétuer la mémoire de Michel Simon. « Cette maison a vocation à connaître un grand succès », a estimé Didier Réault, aux côtés d'Alexandre Doriol, maire et d'Arlette Salvo, première adjointe de la ville. Il a tenu à remercier tous ceux qui ont œuvré pour la sauvegarde de ce mas, notamment Jean-Louis Tixier, Michel Cornille, président de l'association Les Lumières de l’Eden, mais aussi Monica Tixier, présidente des Amis de Michel Simon. La principale difficulté du projet a été d'assurer son financement pour réaliser les travaux. « Le budget initial était de 0,9 M€. Nous avons, à ce jour, un budget de 2,6 M€ », a-t-il précisé.

Une vue spectaculaire

Cette bastide, d'une superficie de 500 m2, disposera d'un espace d'accueil du public pour déambuler. « Il y aura également un espace d'interprétation pour donner les codes pour s'émerveiller et aider le public à comprendre la biodiversité », confie Gaëlle Berthaud. Deux autres espaces complèteront l'activité du lieu, un espace dédié à la mémoire de Michel Simon et un autre voué aux partenaires, notamment les Jardins de l'Espérance ou le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE), en étroite relation avec l'office du tourisme.

Un espace muséographique et des salles de projection seront consacrés à la découverte des écosystèmes terrestres et marins des Calanques. « Nous sommes très fiers d'accompagner le Parc dans ce beau projet permettant de sauver le patrimoine bâti et naturel, dans lequel nous puisons nos racines pour transmettre à nos générations futures », a souligné Olivier de Bermon, délégué territorial de la Fondation du Patrimoine. Les terrasses rénovées permettront d'apprécier les vues spectaculaires sur le Golfe d'Amour et le Bec de l'Aigle.

Une cure de jouvence de la villa Michel Simon

Au terme d'un chantier qui a débuté en mai 2023 avec du désamiantage, le bâtiment sera entièrement rénové en préservant l'esprit des lieux. « En juin, des travaux de gros œuvre ont été effectués avec la démolition de la terrasse », précise Fabienne Galleras, chargée de mission travaux au Parc. Les travaux qui doivent durer quatorze mois devraient s'étaler jusqu'en juillet 2024. Ils portent sur la réhabilitation du bâti avec notamment l'accessibilité PMR, l'isolation naturelle avec divers matériaux comme le chanvre et la chaux, l'aménagement intérieur des locaux et la mise en valeur des espaces extérieurs. « Nous devrons aussi effectuer des modifications sur les façades, induisant là des contraintes budgétaires », ajoute-t-elle. Les principales difficultés sont liées au fait que cette bâtisse a été édifiée en plusieurs parties distinctes. « C'était au départ un petit mas qui a ensuite été remanié par Michel Simon. Cela lui donne une configuration originale. Or, ce bâtiment ancien qui n'est pas en bon état a manqué d'entretien est devenu fragile », estime Sophie Tramonti, architecte du patrimoine.

A cela, se rajoute un changement de destination puisque cette bastide, installée sur un site classé, aura vocation à accueillir du public. A la suite des travaux, les sentiers de randonnée menant à la maison du Parc et les espaces verts du domaine seront réaménagés pour en faire un lieu ouvert à tous.

Les travaux portent sur la réhabilitation du bâti avec notamment l'accessibilité PMR, l'isolation naturelle avec divers matériaux comme le chanvre et la chaux, l'aménagement intérieur des locaux et la mise en valeur des espaces extérieurs. (Crédit : Jane Dziwinski)

En chiffres

Coût des travaux : 2,6 M€ (Conseil départemental : 40 %, France Relance : 25 %, Ministère de la Transition écologique : 12 %, Reliquat : 500 000€ par mécénat et financement participatif)

Maître d'ouvrage : Parc national des Calanques

Equipe de maîtrise d'œuvre : Sophie Tramonti, architecte de patrimoine, architecte DPG, mandataire ; Itech, bureau d'étude technique structure ; IC ingénierie des chantiers, économiste

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